Lucrezia - Sandrine Piau, Amel Brahim-Djelloul, Karine Deshayes, Lucile Richardot, Les Paladins - Jérôme Correas
Lucrezia - Sandrine Piau, Amel Brahim-Djelloul, Karine Deshayes, Lucile Richardot, Les Paladins - Jérôme Correas
Une réalisation séduisante mais irrégulière, portée par des voix d’exception et un orchestre énergique, mais freinée par un manque d’unité et de profondeur.
Aparté AP359
Note finale : 3,5/5
Note finale : 3,5/5
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L’enregistrement Lucrezia s’impose comme un projet ambitieux, mêlant des interprètes de premier plan à un programme axé sur la figure complexe de Lucrèce Borgia. Jérôme Correas et son ensemble Les Paladins explorent ici un répertoire baroque riche en tensions dramatiques et en nuances psychologiques. Malgré des promesses artistiques élevées, le résultat final suscite des impressions mitigées.
Sandrine Piau, figure incontournable du répertoire baroque, livre une prestation techniquement irréprochable, mais légèrement distante sur le plan émotionnel. Sa voix, toujours aussi pure et agile, semble peiner à capturer pleinement les contradictions de Lucrèce, entre tendresse et violence.
Amel Brahim-Djelloul, avec son timbre radieux, s’illustre dans les passages lyriques et introspectifs. Cependant, son interprétation manque parfois de profondeur dramatique, particulièrement dans les morceaux exigeant un investissement émotionnel plus intense.
Karine Deshayes, quant à elle, se démarque par une puissance vocale impressionnante et une diction parfaite. Elle impose une autorité naturelle, notamment dans les moments les plus théâtraux. Lucile Richardot, avec son timbre atypique, apporte une couleur sombre et captivante, bien qu’une certaine âpreté dans son émission puisse diviser les auditeurs.
L’ensemble Les Paladins offre une interprétation pleine de vitalité et d’intensité. Jérôme Correas dirige avec un sens aigu du drame, privilégiant des tempi rapides et une dynamique marquée. Toutefois, cette approche énergique se fait parfois au détriment des subtilités : les nuances sont moins bien exploitées, et certaines sections orchestrales manquent de clarté.
La prise de son met en valeur la richesse sonore de l’ensemble, mais tend à écraser les voix dans les passages les plus chargés. Ce déséquilibre affecte l’équilibre général et nuit à la lisibilité de certaines pages orchestrales.
Le choix des œuvres met en lumière une belle diversité de styles, allant d’airs célèbres à des pièces plus rares. Si cette variété enrichit le programme, elle en compromet également l’unité. Certains morceaux s’intègrent mal dans la trame narrative, donnant une impression de compilation plutôt que de cohérence thématique.
Verdict
Lucrezia est un enregistrement qui séduira par moments, mais qui laisse un goût d’inachevé. Les interprètes et l’ensemble offrent des instants de grâce et d’intensité, mais l’absence d’une direction artistique plus affirmée empêche l’ensemble de s’élever au niveau des grands enregistrements du genre.

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