Britten: Spring Symphony, Sinfonia da Requiem, The Young Person’s Guide to the Orchestra Sir Simon Rattle – London Symphony Orchestra

Britten: Spring Symphony, Sinfonia da Requiem, The Young Person’s Guide to the Orchestra
Sir Simon Rattle – London Symphony Orchestra

Un enregistrement d’une grande qualité musicale, porté par un orchestre et un chef de premier plan, mais qui aurait pu s’élever davantage avec un supplément d’émotion et d’audace.
















LSO Live
Note : 4/5



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Le London Symphony Orchestra et Sir Simon Rattle, forts d’une collaboration fructueuse depuis des années, s’attaquent ici à un pan essentiel du répertoire de Benjamin Britten. Ce triple programme, capté en live, combine l’éclat pastoral de la Spring Symphony, la gravité de la Sinfonia da Requiem, et la virtuosité pédagogique du Young Person’s Guide to the Orchestra. Si l’intention artistique et la qualité instrumentale sont indéniables, le résultat n’est pas exempt de débats.

Dans la Spring Symphony, Britten célèbre la renaissance de la nature avec une écriture foisonnante et complexe qui sollicite chœur, orchestre et solistes. Sous la baguette de Sir Simon Rattle, cette œuvre prend des airs de tableau éclatant. Le London Symphony Chorus, préparé avec soin, brille par sa diction et son homogénéité, tandis que les solistes apportent une touche expressive bienvenue.

Cependant, certaines critiques pourraient pointer un excès de contrôle dans cette interprétation. Là où l’œuvre demande une vitalité presque sauvage, Rattle opte pour une approche théâtrale mais légèrement contenue. Si cette sophistication ravira certains, elle risque de frustrer ceux qui espèrent une exubérance plus spontanée, à l’image du printemps célébré par Britten.

La Sinfonia da Requiem, dédiée à la mémoire de ses parents, est sans doute le point culminant de cet enregistrement. Rattle y excelle, capturant la solennité tragique de l’œuvre tout en mettant en lumière ses subtilités harmoniques et rythmiques. Les cordes du LSO sont d’une profondeur saisissante dans le Lacrymosa, tandis que les percussions frappent avec une intensité glaçante dans le Dies Irae.

Pourtant, cette lecture n’est pas dénuée de critiques. Certains pourraient lui reprocher une froideur émotionnelle par endroits, comme si l’engagement intellectuel de Rattle dépassait parfois l’expression viscérale. Une telle approche, bien que fidèle à une certaine lecture de Britten, manque peut-être de cette fragilité humaine qui habite si profondément la partition.
The Young Person’s Guide to the Orchestra : un feu d’artifice pédagogique

Pour conclure, The Young Person’s Guide to the Orchestra est une vitrine éclatante de la virtuosité des musiciens du LSO. Rattle démontre ici un sens aigu de la structure et du détail, mettant en valeur chaque pupitre avec une clarté exemplaire. Chaque variation est un microcosme sonore, et la fugue finale, construite avec un crescendo implacable, est un triomphe.

Cette pièce, conçue pour initier les jeunes oreilles aux subtilités orchestrales, trouve sous Rattle une élégance qui dépasse largement ses ambitions pédagogiques. Cependant, cette approche très sérieuse pourrait passer à côté de l’espièglerie ludique que d’autres chefs ont su insuffler.

Le label LSO Live est connu pour ses prises de son en public, qui cherchent à restituer l’énergie et la spontanéité des concerts. Ici, l’acoustique ample met en valeur les textures orchestrales et la profondeur des chœurs. Cependant, la balance n’est pas toujours optimale : certains détails orchestraux, notamment dans la Spring Symphony, se perdent dans la masse sonore, et l’interaction entre les différents pupitres manque parfois de netteté.

Ce triple programme de Britten sous la direction de Sir Simon Rattle illustre à merveille les forces et les faiblesses de l’approche du chef. L’intelligence musicale, la précision et l’attention portée aux textures orchestrales sont indéniables, mais certaines interprétations manquent de l’intensité viscérale ou de la spontanéité qui rendent ce répertoire si poignant.

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